Matin d’oiseaux.

À la cime du monde : deux aigles.
Sur le pic, au sommet du sommet, ils sont assis, ils prennent le thé.
Rapaces retraités, elle tricote, il lit le journal.
Douce rencontre entre l’embryon d’une écharpe et l’actualité d’hier.
Elle dépose les aiguilles, laisse respirer les mailles pour prendre une gorgée.
Sa griffe suspend l’anse.
Du gobelet à la bouche, le thé se répend.
La soucoupe regagne sa raison d’être, la tasse sur ses genoux.
Lui, lèche son doigt.
Collision de bave sur le papier, la page se tourne.

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